Client : Staten
Quand : Décembre 2025 à juin 2026 pour le cadrage et le choix, déploiement en cours
Qui : Vincent Stival, Matthieu Salmon
Outils : ERP de gestion d'affaires industrielle, application de gestion des notes de frais
Temps de lecture : 3 minutes
Sortir d’un groupe, c’est aussi sortir de son ERP, et le calendrier ne se négocie pas. Staten avait deux métiers à faire tenir dans un même outil, une règle claire posée par sa direction, et des équipes qui ont tenu la plume.
Staten réunit deux sociétés industrielles : Aero Textile Concept, qui conçoit des solutions de diffusion d’air, et Energence, éditeur de machines intelligentes. Environ 120 collaborateurs, 12 millions d’euros de chiffre d’affaires, et 65 ans de savoir-faire cumulé.
Un carve-out détache une entreprise d’un système qu’elle n’a pas choisi. Staten perdait l’accès à l’ERP de son ancien groupe, avec une échéance à tenir et sans marge pour explorer.
Le schéma trouvé sur place est classique. L’ERP hérité ne couvrait pas tout, alors les équipes avaient brodé autour : des développements spécifiques, faits par elles, qui comblaient les trous. Chacun rendait service, et l’ensemble formait une dépendance dont personne n’avait la carte complète.
Nous sommes intervenus sur un cadrage court, sans schéma directeur. Une question : quel périmètre pour ce nouvel ERP, et qu’est-ce qui reste dehors.
La difficulté n’était pas le calendrier, elle était fonctionnelle. Le groupe mène une activité de gestion d’affaires, proche du sur-mesure à la commande, et une fabrication plus industrielle sur des produits techniques destinés à l’équipement d’usines.
Ces deux métiers ne demandent pas le même outil. L’un a besoin de suivi d’affaire, de chiffrage, de jalons. L’autre de nomenclatures, de production, de stock. Beaucoup d’éditeurs sont bons sur l’un et approximatifs sur l’autre.
D’où la comparaison de quatre solutions aux modèles volontairement différents, des profils très industriels d’un côté, plus généralistes de l’autre. L’enjeu n’était pas de trouver le meilleur ERP, mais celui qui déforme le moins les deux activités. C’est la question que pose tout choix d’ERP, quelle que soit la taille de l’entreprise.
La direction a fixé une contrainte dès le départ : le nouvel ERP serait paramétré en standard, avec du spécifique réduit au strict nécessaire. Position exigeante, et la bonne. Le spécifique dans l’ERP se paie à chaque montée de version, et c’est lui qui finit par scléroser l’organisation.
Cette règle a rendu le cadrage tranchant. Pour chaque développement maison, trois issues : absorbé par le standard, conservé à côté comme brique autonome, ou supprimé. Rien ne rentrait par défaut. C’est la logique d’un système d’information modulaire, où chaque outil couvre ce qu’il sait faire.
Les satellites ont suivi le même traitement : les notes de frais, traitées à part avec leur propre micro cahier des charges, et la comptabilité, avec les contraintes qui arrivent sur la facturation électronique.
C’est la particularité de cette mission. Ce ne sont pas nos consultants qui ont animé les ateliers métier et rédigé le cahier des charges, ce sont les équipes de Staten.
Notre part n’est pas mince pour autant. Cadrer la méthode, structurer le document, faire réécrire les sections trop imprécises pour être opposables à un éditeur. Apporter les critères et les règles de décision. Et trancher avec elles les sujets sur lesquels elles n’avaient aucun repère, parce qu’on ne choisit pas un ERP tous les ans.
Les fonctions support et leur direction ont porté le projet. La production est entrée au moment des démonstrations et a relu les expressions de besoin.
Elle réduit le coût de l’assistance à maîtrise d’ouvrage, ce qui n’est pas anodin, mais ce n’est pas le gain principal.
Quand une équipe écrit elle-même son besoin, elle comprend ce qu’elle achète. Elle devient actrice du projet au lieu de le regarder passer, puis de le subir au démarrage. Le digital reste une nébuleuse dans beaucoup d’organisations, et la réaction habituelle consiste à déléguer les yeux fermés. C’est ce qui produit les déploiements mal vécus. Une réussite tient à l’implication réciproque des équipes IT et des métiers.
La solution a été retenue en juin 2026, le déploiement est en cours, cible début 2027, avec un accompagnement de notre côté sur le pilotage macro plutôt que sur le paramétrage. Les équipes qui ont écrit le cahier des charges reçoivent aujourd’hui l’outil. Elles savent pourquoi il a été choisi.
Photo de Bruno Abdiel: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/tir-vertical-manche-a-air-10353733/
Photo de alex: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/technologie-acier-etincelles-broyeur-11951215/
Photo de Jan van der Wolf: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/tuyaux-de-ventilation-industrielle-dans-un-environnement-moderne-36129008/