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Image montrant la partie haute, belle et la partie basse désastreuse... Le shadow IT

Shadow IT : le Low-Code et le No-Code sont-ils vraiment la réponse ?

Temps de lecture estimé : 4 minutes

En bref : Le shadow IT ne naît pas d’une mauvaise volonté. Il naît d’un écart entre un besoin métier réel et un SI qui ne répond pas — pas assez vite, pas assez juste. Lors d’un webinaire organisé avec Atout DSI, la question nous a été posée directement : est-ce que le No-Code ou le Low-Code diminue le shadow IT ? La réponse est nuancée — comme souvent. Voici notre lecture.

Appy Makers est un acteur du low-code. Notre avis n’est pas neutre, mais honnête.


Un signal, pas une faute

Le shadow IT, c’est simple : les métiers utilisent des outils non validés par la DSI parce que le SI légitime ne répond pas à leurs besoins — pas assez vite, pas assez juste. Fichiers Excel partagés, SaaS souscrits par carte bleue, petites bases reconstituées à la main. Une thèse de HEC-Mines (Bigot, 2018) sur les « systèmes féraux » documente l’ampleur du phénomène : dans certaines organisations, près de 40 % de l’activité se déroule en dehors du SI officiel.

La responsabilité n’est pas unilatérale. La DSI manque souvent de bande passante — mais les métiers, de leur côté, savent rarement formaliser précisément leur besoin. On tombe alors dans l’effet tunnel : cahier des charges, démos, choix d’outil, désillusion. Un an plus tard, le métier a trouvé sa propre solution. Et personne n’en parle.

No-Code, Low-Code : oui et non

Face au shadow IT, la tentation est forte de chercher une réponse technologique. Et le No-Code comme le Low-Code sont régulièrement mis en avant comme des solutions. La réalité est plus nuancée — et mérite qu’on distingue les deux.

Le No-Code : un outil puissant, dangereux sans cadre. Mettre des plateformes No-Code dans les mains des métiers sans gouvernance, c’est l’histoire d’Access en réseau partagé, rejouée avec des outils modernes. Les applications prolifèrent hors du SI, sans documentation, sans contrôle des données. La déviance ne disparaît pas — elle change de forme et accélère. Bien cadré en revanche — avec une DSI dans la boucle, des périmètres définis, une gouvernance claire — le No-Code peut devenir un vrai levier. C’est l’usage, pas l’outil, qui fait la différence.

Le Low-Code, autre nature. Le Low-Code implique par nature une compétence IT dans la boucle. Ce n’est pas un outil qu’on pose entre les mains des métiers en leur souhaitant bonne chance — c’est un levier de développement rapide, manié par des profils techniques, au service de besoins métiers précis. Cette différence fondamentale change tout à l’équation.

La Digital Factory : deux mécanismes qui font reculer le shadow IT

Quand la capacité Low-Code est structurée dans une Digital Factory, deux mécanismes jouent concrètement contre le shadow IT.

Le time-to-market. Une DSI dotée d’une Digital Factory capable de livrer une première version en quelques semaines retire la principale raison de contourner. Les métiers n’attendent plus 12 ou 18 mois pour une réponse. Et on ne cherche pas ailleurs quand la réponse arrive vite.

La pertinence de la solution. Le développement sur mesure, porté par une équipe qui comprend les processus métiers réels, produit des outils qui collent au besoin — pas un standard générique à paramétrer dans tous les sens. Cette adéquation réduit structurellement l’envie de chercher une alternative. On ne contourne pas ce qui répond vraiment.

Ce qu’on observe chez nos clients — le cas Fassi Group France

C’est exactement ce que nous observons chez Fassi Group France. Avec une approche combinant un SI core et une Digital Factory, la DSI est devenue le premier réflexe des métiers dès qu’un nouveau besoin émerge — non pas par obligation, mais parce que la réponse est rapide, pragmatique et adaptée.

Les arbitrages go/no-go se font vite. Les projets validés sont livrés dans des délais qui n’ont rien à voir avec les cycles traditionnels. Résultat : les métiers n’ont plus ni le temps ni l’envie de chercher par eux-mêmes.

Le shadow IT ne recule pas par la contrainte. Il recule quand la DSI devient, dans les faits, le partenaire le plus efficace pour répondre aux besoins du terrain.

Et dans votre contexte ?

La vraie question à se poser : mes métiers contournent-ils parce qu’ils le veulent — ou parce qu’ils n’ont pas d’autre choix ?

Si la réponse est la seconde, le problème n’est pas technologique. C’est un problème de capacité de réponse. Et c’est précisément là que la Digital Factory change la donne.