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No Code et Grands Groupes : Opportunités, Meilleurs outils et Exemples

Aborder le sujet du No Code dans les grandes entreprises, c’est un peu marcher sur des œufs.

Le No Code et le Low Code sont en train de bouleverser la manière dont les grandes entreprises conçoivent leurs solutions numériques. D’un côté, il y a ceux qui y voient un moyen de livrer plus rapidement les métiers tout en les impliquant davantage. De l’autre, il y a les sceptiques qui redoutent le shadow IT, la sécurité et la dilution des compétences IT dans l’entreprise.

Entre opportunités et défis, les grandes entreprises peuvent-elles réellement adopter le No Code sans risque ? Quels sont les outils les plus adaptés (WeWeb, Xano, PowerApps) ? Et comment des grands groupes comme La Poste ou le Crédit Agricole intègrent-ils cette approche ?

No Code & Grandes Entreprises : Opportunités et Contraintes

Le No Code pour les grandes entreprises offre de nombreux avantages, mais il impose également des contraintes qu’il faut savoir maîtriser.

🔹 Délais de livraison : Le No Code permet de développer des solutions beaucoup plus rapidement qu’avec une approche traditionnelle. Pour des cas d’usage simples, les équipes métier peuvent même prendre la main, avec un appui technique limité. Le Crédit Agricole applique cette approche avec succès en structurant l’usage du No Code dans ses équipes. Il y a bien sûr des exceptions : un développeur aguerri peut aller aussi vite, voire plus vite. Nicolas Fabre, Directeur de l’Accélérateur Digital à La Poste, résume la question par une analogie : donner une trottinette électrique à Usain Bolt ne l’aidera pas à gagner une course, mais tout le monde n’est pas Usain Bolt. Le No Code, ici, c’est la trottinette.

🔹 Sécurité et conformité : Gérer des données sensibles est un enjeu clé pour les grandes entreprises. Comme le souligne Frédéric Najman, expert No Code et consultant CTO, ces plateformes offrent un package clé en main : intégration et déploiement continus, bases de données sécurisées, couches de protection natives. Xano intègre nativement ISO 27001, ISO 9000, SOC 2, RGPD et HIPAA, des certifications longues et coûteuses à obtenir par soi-même. L’intégration doit néanmoins rester encadrée pour garantir la conformité et minimiser les risques.

🔹 Interopérabilité et intégration : Un grand groupe possède un écosystème IT complexe. Le No Code doit s’intégrer aux bases de données et aux API existantes pour éviter la création de silos.

🔹 Adoption et gestion du changement : Un des atouts du No Code est sa capacité à faire évoluer les applications rapidement. Mais cela nécessite d’impliquer les équipes métiers et de structurer leur montée en compétence pour éviter un rejet du changement.

🔹 Retour sur investissement (ROI) : En réduisant les délais et les coûts de développement, le No Code améliore le ROI des projets SI. À condition de bien encadrer son usage, il peut générer des gains financiers et opérationnels significatifs.

🔹 Maîtrise des budgets : Entre le run, les abonnements, et la maintenance, les grandes organisations cherchent à retrouver de la prévisibilité et de l’indépendance vis-à-vis de leurs outils. Les plateformes No Code facturent soit à l’utilisateur, soit à la ressource consommée, et le bon modèle dépend du projet : un outil à l’utilisateur devient cher dès qu’on déploie largement, un outil à la ressource reste stable quel que soit le nombre de personnes qui s’en servent. Au-delà de l’abonnement, il reste à prévoir la conception, le paramétrage et l’accompagnement, qui sont l’essentiel du coût réel.

🔹 Pénurie de compétences : Les compétences pointues sont rares et coûteuses, qu’il s’agisse d’un business analyste capable de traduire un besoin métier ou d’un développeur qualifié sur un langage donné. Le No Code déplace le problème : il supprime la dépendance à un langage particulier, sans supprimer les compétences fondamentales, algorithmie, modélisation des données, dialogue avec les métiers. Le recrutement porte alors sur des profils capables de concevoir une solution robuste, indépendamment de la technologie sous-jacente.

Mais alors, qui doit piloter cette transition ? Les métiers via le Citizen Development ou des experts No Code dédiés ?

Citizen Development ou Factory avec développeurs No Code

Face à ces enjeux, les grands groupes hésitent entre deux approches.

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  • Citizen Development : laisser les équipes métier développer elles-mêmes leurs applications (pour les besoins les plus simples) via des outils No Code comme PowerApps ou WeWeb. Cela permet de répondre rapidement aux besoins internes et de libérer du temps aux équipes IT.
  • Développeurs No Code : former des développeurs spécialisés en No Code pour encadrer et sécuriser les projets. Cette approche garantit une meilleure intégration avec le SI de l’entreprise et limite les risques liés au Shadow IT.

La solution idéale ? Un modèle hybride !

C’est la stratégie adoptée par Le Crédit Agricole qui a mis en place une Factory No Code combinant Citizen Development et gouvernance IT pour un équilibre optimal.

Quels Outils No Code pour une Grande Entreprise ?

Les plateformes No Code sont nombreuses, mais toutes ne sont pas adaptées aux besoins des grands groupes. Voici notre sélection d’outils les plus pertinents :

Pour démarrer en toute sécurité : WeWeb

  • Solution front-end only (enfin le back-end est dans les cartons, il me semble), qui se connecte à des bases de données sécurisées (Xano, PostgreSQL, etc.)
  • Permet de développer des applications rapidement sans stocker de données sensibles sur la plateforme
  • Permet de développer plus rapidement des front « au pixel près » et facilement maintenable.

Un back-end robuste et sécurisé : Xano

  • Gestion avancée des bases de données et API
  • Conforme aux normes ISO 27001, ISO 9000, SOC 2, RGPD et HIPAA
  • Permet d’intégrer des applications No Code avec le SI d’entreprise en toute sécurité

L’option Microsoft pour les grands groupes : PowerApps

  • Déjà intégré à l’écosystème Microsoft 365
  • Facile à utiliser pour les équipes métiers
  • Mais plus limité en flexibilité et en performances par rapport à Xano et WeWeb

Notre recommandation ? Commencer avec WeWeb pour des applications front-end rapides, puis intégrer Xano pour des solutions plus complexes et sécurisées.

Nous ne sommes pas vraiment fans de power apps. Toujours pareil, on traine le legacy de Microsoft ce qui rend une simple idée un peu plus lourde. En revanche, son côté intégration avec la suite Microsoft est un atout indéniable.

Deux cas concrets : La Poste et le Crédit Agricole

📌 La Poste : le timbre rouge, une application en 4 mois

Le volume de courrier a chuté de 70 à 90 % en une quinzaine d’années. La Poste a donc supprimé le timbre rouge, la distribution en J+1, au profit d’un modèle en J+3. Mais une contrainte réglementaire imposait d’échanger les anciens timbres contre les nouveaux : des millions de timbres à traiter, avec prévention de la fraude et conformité anti-blanchiment.

Le système d’échange devait être livré en cinq mois, connecté au call center, aux services clients en ligne et en bureau de poste, et aux SI internes. La DSI était saturée, et les ESN consultées annonçaient jusqu’à un million d’euros et des délais jugés incompatibles.

L’équipe No Code interne, menée par Nicolas Fabre, a conçu et déployé la solution en quatre mois avec quatre ETP, en itératif, avec connexion aux comptes clients, à la logistique Colissimo et à la facturation. Les tests de sécurité ont été validés par l’ANSSI, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information.

Livré sous le délai imposé, pour une fraction du coût annoncé par les ESN. Ce projet a servi de point de bascule dans la stratégie digitale du groupe.

📌 Crédit Agricole : une Factory hybride chez CAGIP

CAGIP a fait un choix différent : ni Citizen Development en roue libre, ni développement centralisé. Les deux, dans un cadre unique. Les métiers gagnent en autonomie, la DSI garde la main sur la conformité et la pérennité des applications produites.

L’écosystème repose sur trois briques. Power Platform en version 1 pour digitaliser des processus simples sans coût excessif. Power Platform en version 2, avec Dataverse et l’IA, pour les besoins plus complexes. WeWeb pour les projets qui demandent plus de flexibilité, en particulier sur des bases de données on-premise.

Les résultats tiennent en quatre points : des applications livrées en semaines plutôt qu’en mois, une gouvernance qui assure la conformité et la durabilité, un coût de développement inférieur au code traditionnel, et une montée en compétences de profils non techniques.

La Factory s’étend aujourd’hui à d’autres entités du groupe, avec des certifications internes pour valoriser l’expertise Power Platform et WeWeb.

Conclusion : Le No Code, Une Révolution à Encadrer

Le No Code pour les grands groupes est une opportunité à condition d’être bien encadré :

✅ Intégrer le No Code dans une stratégie globale pour éviter le Shadow IT.
✅ Former des développeurs No Code pour accompagner les équipes métiers.
✅ Sécuriser les données avec des outils adaptés comme Xano et WeWeb.

Les expériences de La Poste et du Crédit Agricole montrent que le No Code peut être un atout majeur pour les grandes entreprises, à condition d’être bien structuré.

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